Sally de L’étrange Noël de Mr Jack: Poupée rapiécée, poupée déterminée

Sally final

Il était pour moi tout simplement IMPENSABLE que je tienne un blog sans mentionner ne serait ce qu’une seule fois ce long métrage d’animation. Et pensez bien que la phrase précédente sous entend très clairement que ce n’est sûrement pas la dernière fois que vous aurez l’occasion de lire sur le sujet avec moi.

L’étrange Noël de Mr Jack (The Nightmare before Christmas dans la version originale…. et nom de Dieu ce titre pète la classe y’a pas à dire) est un long métrage d’animation en stop motion de la licence Disney. Il a été réalisé par Henry Selick (connu pour être également le papa de James et la pêche géante ou encore de Coraline. Coraline qui par ailleurs est un film qui mériterait également un article tellement je le trouve excellent) et scénarisé et designé par Tim Burton (veuillez insérer ici le pire cri de fangirl qui vous puissiez imaginer et multipliez le par 10). Burton est principalement connu pour les longs métrages d’animation Les noces funèbres et Frankenweenie, mais également pour sa carrière de cinéaste avec Edward aux mains d’argent (on en reparlera), Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie, Sweeney Todd ou encore Alice au pays des merveilles (oui je n’ai pas cité Dark Shadows… je suis loin de détester ce film, mais c’est limite avec honte que je le reconnais comme étant un Burton. Ne me jugez pas. On fait tous des erreurs ok ?), c’est également un artiste touche à tout, peintre, poète… bref, je vous parlerais davantage de cet homme dans d’autres articles sur le sujet.

Pour la petite histoire, le récit de Jack et de ses comparses de la ville d’Halloween est née de l’imagination de Burton alors que celui-ci travaillait encore pour les studios Disney. Le roi des citrouilles aux allures d’épouvantail n’était alors que le héros d’un poème couché sur un coin de papier. Disney découvrit les griffonneries de son employé (ce mot n’existe pas, je sais) et finance le projet. Burton étant très occupé par le tournage du très attendu Batman le défi, il ne peut assurer la réalisation du nouveau bébé et en confie la charge à Henri Selick (quand on sait que c’est par obligation professionnelle que Burton a dû abandonner la réalisation de L’étrange Noël, c’est un peu épuisant de voir gueuler au scandale par rapport à légitimité de la paternité de Burton pour son premier long métrage d’animation. Il partage tout simplement cette légitimité avec Selick qui a fait un travail extraordinaire).

Pour ceux qui ne connaissent pas le pitch… je vous somme d’aller le voir le film, immédiatement, tout de suite, pronto.
Et si vous avez la flemme (déjà sachez que c’est criminel) voici un bref résumé :
Jack Skellington l’épouvantail squelettique répand sur son passage frisson et lamentation, confirmant sa position de coqueluche de la ville d’Halloween depuis des temps immémoriaux. Lassé de ce succès redondant, Jack quitte la ville et découvre la bourgade Christmas Town. Epoustouflé par l’aspect festif et chaleureux de l’endroit, Jack décide de faire découvrir le concept de Noël aux autres habitants de la ville d’Halloween. L’intérêt de Jack pour Noël tournera à la fascination, puis à l’obsession, le poussant à vouloir lui même organiser la fête du 25 décembre cette année (en même temps faut le comprendre, il a rien à faire jusqu’au prochain 31 octobre…). Cependant, l’idée que se fait un Roi d’Halloween de la fête de Noël est à des années lumières de la réalité, et Jack découvrira à ses dépends que n’est pas Père Noël qui le veut.

Pour cet article, je ferais l’impasse sur le personnage de Jack Skellington, malgré toute l’affection que j’ai pour ce dernier. Il est maintenant temps de mentionner l’un des personnages féminins que je préfère toutes fictions confondues. Je vais donc parler de l’un des meilleurs personnages que Tim Burton n’ai jamais créé à mes yeux : Sally.

Sally est physiquement parlant une sorte de mélange entre la poupée Chucky, le monstre de Frankenstein et Willow dans Buffy contre les vampires. Création du Dr Finkelstein, le scientifique fou de la ville d’Halloween, Sally souhaite jouir d’indépendance et de liberté mais son maître ne tolère pas ses écarts, préférant la voir rester une sage et docile poupée de chiffon.

Sally se révèle vite être profondément amoureuse de Jack Skellington. Sûr de lui, charismatique, doué d’un sacré bagou et toujours prêt à prendre son destin entre ses mains squelettiques, il est à l’inverse de Sally. En effet cette dernière est discrète, s’exprime en général à voix basse, se déplace avec une démarche incertaine et est condamné à laisser son créateur prendre des décisions pour elle.
Cependant, malgré une fascination évidente, Sally ne semble à aucun moment être abrutie par une prise de partie façon fangirl de l’extrême (contrairement aux vampires qui agissent en groupies avec le Roi des citrouilles au début du film). Se contentant de l’admirer de loin, elle soutient son aimé avec une dévotion sans faille (comme dans la scène où elle s’échappe de sa chambre pour envoyer des vivres à Jack alors que celui ci se laisse aller tellement ses expériences sur Noël sont prenantes).
Mais loin de la perte de pragmatisme qui accompagne en général les sentiments amoureux, Sally est la seule à comprendre que les ambitions de Jack sont néfastes pour lui et tentera de lui faire entendre raison. La poupée rousse prend ainsi le risque de décevoir l’être aimé, agissant dans son dos lorsqu’elle comprend qu’il est impossible de faire entendre raison à Jack (comme en tentant de saboter le départ en traineau).

La superbe chanson qu’est la Complainte de Sally (bon dieu que j’aime ce passage) est très révélatrice sur ce sujet : la poupée de chiffon n’est pas amoureuse de la prestance de Jack, de sa capacité à effrayer les âmes les plus hardies ou de tout autre critère étant à l’origine du titre de Roi des citrouilles de Jack. Elle aime ce dernier pour ce qu’il est et accepte avec humilité de n’être qu’un visage parmi tant d’autre dans la foule de ses admirateurs, acceptant d’être condamnée à un amour à sens unique jusqu’à la fin de son existence.
On peut ainsi percevoir Sally comme une sorte d’allégorie de la raison de Jack. Il ne l’écoute plus une fois son obsession pour Noël bien installé dans son crâne et ne lui accordera sa totale confiance qu’après avoir compris l’ampleur de ses erreurs. C’est alors revenue à la lucidité en effet qu’il apercevra Sally comme il ne l’avait jamais vu jusqu’alors. En effet, il offre à Sally la récompense à sa loyauté, son courage, sa sincérité, son humilité, sa lucidité et sa dévotion : l’amour que Sally espérait selon elle en vain.

Afin de faire honneur à ce personnage fascinant et complexe ainsi qu’à l’univers de Burton qui a su me séduire depuis 15 ans, j’ai voulu tenter un style de dessin se rapprochant de celui du cinéaste sans pour autant faire des infidélités à ma patte. J’ai ainsi opté pour un dessin en 3 plans, chacun étant plus ou moins détaillé selon sa profondeur. Au premier plan on retrouve une Sally avec la chevelure au vent comme dans la chanson d’ouverture du film (je ne vous raconte même pas combien de temps ça m’a pris pour encrer ses cheveux…), le chat présent dans La complainte de Sally ainsi que quelques chardons (le chardon étant la plante qui semble représenter Sally tout au long du film). Au second nous avons le cimetière ainsi que la racine en spirale sur laquelle Jack et Sally se promettent un amour éternel pour rappeler la récompense finale de Sally. En enfin au dernier plan nous retrouvons tout en plat de noir les silhouettes typiques des bâtisses de la ville d’Halloween pour donner une impression de profondeur au dessin. Je voulais une illustration représentant la pureté des sentiments de Sally tout en restant fidèle à l’atmosphère que Burton a su influer à ce film.

C’était la première fois que je prenais mon courage en main pour saisir mes crayons et mes plumes afin de tenter de faire honneur à Tim Burton. Il est en terme de source d’inspiration une présence très importante parmi mes diverses influences, et je pense que si Mr Burton n’avait pas existé, je n’aurais jamais dessiné comme je le fais actuellement. Vous auriez eu des bonhommes correctement proportionnés plutôt que les grandes perches filiformes que j’vous propose… à vous de juger si ça aurait été mieux ou non !

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En parlant de Burton, je m’apprête à connaître un Nirvana sans nom samedi prochain. Danny Elfman, je vous aime.
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