Avarice: la vanité dorée

Avarice

Ceux qui lisent mes compte rendus sur les illustrations des péchés capitaux l’auront sûrement compris : j’ai mené une sévère croisade contre les stéréotypes en tout genre au cours de la composition de certain de mes dessins !
Eh bien surprise du chef, j’ai été beaucoup plus sympa avec Avarice ( avec pour seule condition de ne dessiner ni pièces de monnaie, ni billet ) et pourquoi cela ? Eh bien par plaisir, j’avais envie d’utiliser cet exercice comme excuse pour dessiner quelque chose qui pourrait ravir les yeux tout en contenant le message que je voulais faire passer !

Vous vous souvenez de Paresse ? Vous vous rappelez de l’idée de montrer le laisser aller du personnage principal en délabrant un décor anciennement somptueux ? Eh bien là on est également dans la désacralisation du beau, mais plus en comparant qu’en dégradant.

Besoin d’une petite explication je suppose ? Ca arrive !

Plus que sur l’aspect « possessif » des avares, j’ai voulu mettre le doigt sur la résultante de cette relation malsaine avec ces trésors qu’ils gardent si jalousement.
J’ai voulu ainsi tourner en dérision les riches acquisitions du personnage principal en les présentant dans un contexte qui fait tourner leur valeur en dérision :
La femme est couverte d’un somptueux manteau de fourrure et de multiples bijoux mais en dessous : elle est nue. Quoi de plus risible que d’être richement vêtue si c’est pour attraper la mort car on est totalement découverte en dessous ?
La belle cage en haut en gauche est couverte de guenille et l’oiseau qu’elle abrite est mort, il n’en reste plus que des ossements.
Et les tableaux en fond sont également voilés par des tissus en ruine de la même gamme que celui qui recouvre l’habitat de la dépouille du volatile. De même pour la table, cela a-t-il un véritable intérêt de présenter un bon vin si c’est pour le servir sur une table aussi misérablement préparée ?
Et point le plus important, le crâne couronné : qu’on le pare d’or ou non, un mort reste un mort et amasser or et bijoux n’offrira jamais la mythique vie éternelle.

Les objets luxueux semblent faire office de cache misère, tentant de glorifier ce qui n’est en réalité que désespérément vulnérable : l’être humain. On a beau accumuler triomphes et richesses le jour où tout s’écroule il n’y a plus aucune finalité heureuse envisageable, comme le démontre le jeu d’échec posé sur la table.

Pour parler un peu de la forme, j’ai voulu faire une sorte de vanité inspirée de celle des tableaux baroques du XVIIème siècle hollandais tout en gardant mon style et j’ai trouvé cela plutôt amusant à tester comme hybridation des genres !

Ah et pour finir, lorsque je m’amusais à montrer la série d’illustration à des proches afin qu’ils essayent de deviner quel dessin correspondait à quel thème, beaucoup ont pris Avarice pour Luxure à cause de la nudité de la dame… Les clichés ont la vie dure décidément.

chibiavaricetexte

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